lundi 15 janvier 2018

Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux

Couverture Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux 
Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux
de Martha Hall Kelly
Editeur : Charleston
Broché : 549 pages

À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c'est tout son quotidien qui va être bouleversé. De l'autre côté de l'océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, laisse de côté son enfance pour travailler dans la résistance
et faire passer des messages. Mais la moindre erreur peut être fatale. Pour l'ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre d'enfin montrer toutes
ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes...
La vie de ses trois femmes va se retrouver liiée à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbrück, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l'Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l'Histoire n'oublie jamais les atrocités commises.

  • Mon avis :
« Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux » est un roman bouleversant. Non seulement parce que l'on suit l'histoire vraie de ces trois femmes, mais également parce que l'auteure a un don pour manier les mots.

Nous suivons donc l'histoire de trois femmes, juste au moment où l'Allemagne envahit la Pologne. Le récit s'étend, pour certaines, jusqu'à plusieurs années après la seconde guerre mondiale. Nous faisons la connaissance de Caroline, qui est responsable de l'aide aux familles pour le consulat de France à New York. De Herta, une femme médecin allemande à l'idéologie inquiétante. Et Kasia, une jeune fille vivant en Pologne et qui va se retrouver déportée dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück.

Comme je le disais plus haut, l'auteure a un don pour manier les mots. C'est son premier roman et je lui ai trouvé le talent digne d'une romancière ayant publié des dizaines d'ouvrages, à l'image de Lucina Riley (qui, certes, écrit dans un registre "plus léger"). Ses descriptions font que l'on se croit aux côtés des personnages; que ce soit aux Etats-Unis avec Caroline, en Allemagne avec Herta ou aux côtés de Kasia. L'alternances des points de vue nous pousse à vouloir tourner les pages pour savoir ce qui va arriver aux héroïnes du roman, c'est vraiment très addictif.

Après les deux cents premières pages, le roman prend un certain tournant. A tel point que j'ai failli stopper ma lecture, trop sensibilisée par les faits qui se déroulent dans le roman. Toutefois, j'ai voulu continuer ma lecture, par respect envers ces femmes qui ont vécu ces choses horribles, envers les personnes qui les ont aidées, envers ces gens qui ont souffert durant cette période sombre de l'histoire, et par extension, envers toutes ces pauvres personnes qui sont mortes.

Je me suis attachée à Caroline, Kasia, Zuzanna, et bien d'autres. Ces femmes m'ont touchée, elles m'ont émues. Je suis ravie d'avoir lu leurs histoires. Caroline est une femme avec le coeur sur la main. Certains aspects de sa vie privée ont été inventés, comme nous l'explique l'auteure à la fin de son livre, mais je pense qu'elle a très bien cerné la personnalité de cette femme et nous l'a magnifiquement retranscrite dans son récit.
Comme je le disais juste au dessus, Kasia et ses proches m'ont profondément émues. Elles traversent tant d'épreuves terribles, j'étais ravie d'en voir quelques unes s'en sortir, même si ce qu'elles ont vécu laissent forcément des séquelles physiques et morales. Elles définissent les notions même de courage, de dévouement, de pardon...
J'ai haït Herta de toutes mes forces, et pourtant, Martha Hall Kelly n'en a pas fait une caricature. Herta m'a inspirée un dégoût profond, mais j'étais en même temps ravie que l'auteure ne choisisse pas de la diaboliser. Elle ne l'excuse pas, mais ne l'a pas rendue inhumaine non plus (même si ses idées le sont). A mon sens, Martha Hall Kelly n'est pas tombée dans la facilité, et elle a traité la construction de ce personnage intelligemment.

Ce roman a été également pour moi l'occasion d'apprendre pas mal de choses. Je savais qu'il y avait eu des expériences faites sur certaines prisionniers des Nazis, mais j'ignorais quoi exactement. Je ne suis pas allée voir les photos des "lapins de Ravensbrück" sur internet car j'ai eu peur de ne le pas le supporter, mais j'ai été voir les visages des soeurs qui ont inpiré les personnages de l'auteur.
Dans les manuels d'histoires et les cours au lycée, on nous apprend surtout que les Etats-Unis nous ont tous sauvés, et que les allemands étaient tous mauvais (je schématise, mais c'est ça). Mais on oublie de nous dire que les Etats-Unis ont tout fait pour repousser le moment d'entrer en guerre, qu'ils ont refusé des milliers de réfugiés, et des milliers d'enfants, renvoyant leurs bâteaux à une mort certaine. On oublie aussi de vouloir nous faire réfléchir sur le nazisme et ce que cette guerre impliquait pour les Allemands.

En conclusion, « Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux » est un roman terriblement bouleversant et percutant, qui laissera à coup sûr une marque indélébile dans mon esprit. Je respecte énormément le travail qu'a fait l'auteure pour nous livrer ce récit. Au delà de l'aspect historique du roman, l'auteure nous offre également une fresque de personnages principaux et secondaires très touchante et très bien travaillée.

« C'est un miracle, toute cette beauté qui émerge après tant d'épreuves, vous ne trouvez pas ? »
(page 517)


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